Léa Ouattara, fondatrice de l’association YahDêmin

par | 18 mars 2026 | A LA UNE, Podcast

De l'import-export international à la promotion des textiles africains, Léa Ouattara conjugue mode et impact social. À l'occasion de la troisième édition de son concours "Textil’Art Africa", Léa veut transformer les savoir-faire africains en un levier de développement solide et international.
Léa Ouattara


Le textile africain n’est pas qu’une affaire de vêtements, c’est un récit, une identité et une économie en devenir. C’est avec cette conviction profonde que Léa Ouattara a opéré un virage à 180 degrés dans sa carrière. Ancienne responsable commerciale dans une multinationale d’import-export, diplômée de l’IAE de Poitiers, elle a choisi d’aligner son expertise professionnelle avec ses aspirations personnelles en se tournant vers l’univers de la mode et de la culture.

Création de la boutique Mysthara

Après s’être formée au métier de personal shopper, Léa lance Mysthara, une boutique en ligne qui propose une mode “culturellement affirmée”. Son positionnement est clair, s’adresser principalement aux femmes de la diaspora en leur proposant des pièces qui marient l’authenticité des textiles (Kente, Bogolan, Lépi) à des coupes contemporaines, incluant un volet Modest Fashion en plein essor.

« Nous devons croire en la valeur de nos cultures. Le textile africain mérite d’être transmis aux générations futures »

Pour ce faire, elle collabore étroitement avec des créateurs du Nigéria, du Bénin, du Togo ou encore de Côte d’Ivoire, agissant comme un pont entre les ateliers du continent et le marché international.

Textil'Art'Africa

Yahdémin et l’initiative “Textil’Art Africa”

Mais l’ambition de Léa Ouattara dépasse la simple commercialisation. À travers son association Yahdêmin, elle cherche à structurer l’écosystème textile africain. L’initiative phare de cette structure est le concours Textil’Art Africa, une plateforme panafricaine de valorisation des tissus traditionnels.

Pour cette troisième édition, le concours prend une dimension inédite :

  • Un focus masculin : Après deux éditions féminines, ce sont 16 ambassadeurs issus de 16 pays africains (Sénégal, Burkina Faso, Gabon, RDC, etc.) qui s’affrontent.
  • Une scène digitale : Les épreuves se déroulent en direct sur TikTok, utilisant la force des réseaux sociaux pour toucher une audience globale.
  • Une dimension éducative :  Les candidats doivent réaliser des reportages sur la chaîne de valeur du textile, du champ de coton à la boutique.

Association Yahdémin

Cap sur la Guinée et Kindia

L’aboutissement de cette aventure se jouera le 25 avril prochain à Conakry, en Guinée. Fidèle à ses valeurs sociales, Léa Ouattara a intégré un volet caritatif fort à cette finale : un dîner de gala sera organisé pour soutenir les coopératives de femmes teinturières de Kindia.

En soutenant ces artisanes, Yahdêmin boucle la boucle : valoriser le produit fini tout en protégeant et en finançant la source du savoir-faire. Pour Léa, l’union fait la force :

« Si chacun apporte sa contribution, créateurs, entrepreneurs, institutions, nous construirons un écosystème capable de porter la mode africaine sur la scène internationale. »

Un message d’unité et d’ambition qui résonne comme un appel à l’action pour tous les acteurs de l’industrie créative sur le continent.


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Des histoires de mode africaine

Chaque épisode est une invitation à voyager en Afrique. Dans un monde où les algorithmes ont tendance à réduire la variété des contenus diffusés, Africa Fashion Tour veut amplifier la voix des créatifs  du continent africian. L’ambition de ce podcast est aussi de déconstruire les à priori sur la mode africaine qui ne saurait se limiter aux clichés du wax et du boubou.
Ces interviews sont des opportunités pour comprendre l’écosystème de la mode africaine et appréhender les challenges rencontrés par les professionnels du secteur. Nos petits gestes à fort impact pour donner de la force, abonnez vous, laissez un avis et partager votre épisode préféré.