Pourquoi le lancement d’Afrique en Scène s’est mué en sommet d’influence
Lorsque la salle du talk inaugural s’est remplie pour débattre du thème « De la créativité au Soft Power », une évidence s’est imposée aux observateurs : la création contemporaine africaine a dépassé le temps de l’émergence solitaire. En réunissant des actrices et des acteurs qui façonnent depuis des années la perception du continent, le 18 rue de Turenne est devenu l’épicentre d’un écosystème en pleine consolidation.
Ce rassemblement inédit n’était pas un simple exercice mondain de relations publiques. Il a mis en lumière la façon dont la mode, la fiction télévisuelle, l’édition indépendante et les stratégies d’influence s’entrecroisent pour bâtir une chaîne de valeur complète, capable de dialoguer d’égal à égal avec les marchés internationaux. C’est précisément cette dynamique collective que documente au quotidien le podcast Africa Fashion Tour, où plusieurs de ces leaders d’opinion ont déjà livré les coulisses de leurs réussites entrepreneuriales.
Kalista Sy et l’art d’habiller les récits féminins à l’écran
Révélée au grand public international par le phénomène télévisuel Maîtresse d’un homme marié, la réalisatrice et productrice sénégalaise Kalista Sy incarne le rôle central de la fiction dans la diffusion du style contemporain. Enfant fascinée par l’impact sociologique d’une série comme Sex and the City, elle a très tôt compris que les costumes, les décors et la scénographie ne sont pas de simples accessoires, mais des outils majeurs de transmission et d’émancipation.
À travers ses productions, elle permet aux femmes africaines et aux nouvelles générations de voir leur complexité sublimée à l’écran. En choisissant d’habiller ses personnages avec des créations de marques locales sénégalaises et ouest-africaines, Kalista Sy transforme chaque épisode en un vecteur puissant de prescription commerciale, propulsant les ateliers de Dakar jusqu’aux commandes de téléspectatrices basées à Washington ou en Europe. Prochaine invitée très attendue au micro d’Africa Fashion Tour, elle viendra prochainement décortiquer la puissance de l’image animée dans l’essor de nos griffes textiles.
Marie-Jeanne Serbin-Thomas et le combat historique de la visibilité éditoriale
Bien avant l’engouement actuel des grands groupes occidentaux pour les récits afro-descendants, Marie-Jeanne Serbin-Thomas a posé les fondations de la presse féminine et culturelle panafricaine en créant le magazine Brune. Véritable pionnière du journalisme de mode indépendant, elle a offert une vitrine d’exigence et d’élégance aux beautés noires et aux designers du continent alors que les kiosques européens les ignoraient totalement.
Sa présence lors de cette soirée rappelle que les médias indépendants constituent le socle sans lequel aucune industrie ne peut bâtir sa mémoire critique. Comme elle l’a partagé lors de son passage marquant dans Africa Fashion Tour, documenter avec rigueur les savoir-faire, les trajectoires d’artisans et les transformations sociétales de la mode a permis de former le regard de plusieurs générations de lectrices et de professionnels.
Fatima Zahra Ba et la preuve par la longévité d’un atelier structuré
Fondatrice de la maison So’Fatoo, qui compte plus d’une décennie de présence continue sur le marché, Fatima Zahra Ba illustre la maturité entrepreneuriale de la jeune garde dakaroise. Issue du droit public avant de faire le choix de l’entrepreneuriat à temps plein, elle a su industrialiser le pagne tissé traditionnel transmis par sa grand-mère pour en faire un vestiaire de prêt-à-porter accessible, élégant et adapté au quotidien des femmes actives.
À la tête d’une équipe de trente collaborateurs et cofondatrice du concept store Arca, elle incarne cette génération d’entrepreneures qui privilégie la rigueur comptable, la fidélité de sa communauté et la maîtrise de sa production physique plutôt que la course aux validations superficielles. Son témoignage sans filtre, disponible dans les épisodes phares d’Africa Fashion Tour, demeure un modèle d’école pour quiconque souhaite pérenniser une marque rentable.
Jacqueline Ngo Mpii et la cartographie du luxe afro-parisien
À travers son projet Little Africa, Jacqueline Ngo Mpii a transformé la capitale française en un terrain d’exploration culturelle et commerciale pour les diasporas et les voyageurs du monde entier. Auteure du City Guide Afrique à Paris et fondatrice d’un espace d’art et de design au cœur de la Goutte d’Or, elle répertorie les créateurs, concept stores, galeries et artisans qui réécrivent l’histoire du métissage urbain.
Sa vision dépasse le simple recensement touristique : elle pose une lecture géopolitique de la présence africaine en Europe, connectant les marques émergentes aux réseaux d’acheteurs internationaux en quête d’expériences authentiques. Au micro d’Africa Fashion Tour, elle est revenue en détail sur l’importance de maîtriser les lieux de rencontre physiques pour capter la clientèle internationale et faire du territoire urbain un levier d’affaires.
Fatou Tahina Fall et la science du personal branding panafricain
Spécialiste de la communication stratégique et fondatrice de l’agence Myth People, Fatou Tahina Fall accompagne les dirigeants, créatifs d’élite et leaders d’opinion du continent dans la construction de leur autorité narrative.
Dans un marché mondial où la visibilité d’une griffe est intimement liée au charisme et à l’authenticité de son fondateur, son travail démontre que la mode africaine ne peut plus se contenter d’un produit bien fini. Elle exige une écriture de marque millimétrée, un positionnement limpide et une posture publique capable de rassurer les banques et de fédérer des investisseurs de premier plan. Son interview sur notre antenne rappelle que le narratif personnel n’est pas un artifice, mais un multiplicateur direct de valeur économique.
Thierry Bernath et l’ingénierie des relations presse d’envergure
À la tête de son agence de communication éponyme, Thierry Bernath déploie une expertise reconnue dans la mise en scène médiatique d’initiatives panafricaines. Collaborant régulièrement avec des acteurs majeurs tels que Canal+ Afrique ou les Galeries Lafayette pour des opérations d’ampleur comme Africa Now, il maîtrise les rouages de la visibilité institutionnelle et événementielle.
Son regard professionnel permet aux marques et aux plateformes de passer du cercle d’initiés aux colonnes des grands titres de la presse économique et lifestyle, en concevant des dispositifs capables de valoriser la créativité du Sud auprès des décideurs parisiens. Dans son échange avec Ramata Diallo sur le podcast, il livre une analyse lucide sur les exigences des rédactions et la méthode pour bâtir des campagnes d’impact durables.
Roselynd Laubhouet et l’audace de fédérer les énergies du continent
Au centre de ce dispositif d’envergure, Roselynd Laubhouet, fondatrice de Nahyel Concept Store et de la marque de maroquinerie du même nom, confirme son statut d’architecte du retail contemporain. Formée à la finance internationale à Washington avant de déployer ses espaces permanents à Dakar et Abidjan, elle refuse la dispersion des talents indépendants au profit de la mutualisation commerciale.
En concevant « Afrique en Scène » comme une plateforme globale qui associe un pop-up store immersif de vingt maisons, un talk stratégique sur le soft power et des visites techniques d’ateliers parisiens, elle apporte une réponse concrète au défi de l’exportation. Dans son entretien exclusif pour Africa Fashion Tour, elle détaille sa méthode pour concilier vision financière, rigueur logistique et amour de la belle matière.
Quand l’alliance des compétences trace l’avenir de nos industries
La présence conjointe de ces personnalités au 18 rue de Turenne marque une bascule fondamentale pour l’écosystème. La réussite de la mode africaine ne se jouera pas dans des initiatives isolées, mais dans l’articulation méthodique entre le cinéma de fiction, la presse spécialisée, la confection en atelier, la cartographie des lieux d’achat, le conseil en image et la stratégie médiatique.
En se réunissant autour d’une ambition partagée d’exigence et de rentabilité, ces bâtisseurs prouvent que le soft power du continent n’est plus une promesse théorique : il est désormais porté par des femmes et des hommes d’affaires résolus à imposer leurs propres standards au sommet de la scène internationale. Pour explorer en profondeur leurs parcours et comprendre les rouages de leurs réussites, les archives audio de leurs échanges sont à retrouver directement au fil des épisodes du podcast Africa Fashion Tour.










